Les recherches actuelles sur les agrocarburants se proposent de répondre à trois objectifs principaux. Il s'agit de réduire les importations de pétrole ainsi que les émissions de CO2 et de créer des emplois décentralisés non délocalisables. Au-delà des considérations relatives au bien-fondé des déforestations, des cultures intensives, utilisant entre autres les jachères pour produire des carburants destinés au transport, nous nous trouvons en présence d'un formidable sujet de progrès. Bien entendu, à côté d'autres solutions. Tout en conservant à l'idée que les transports individuels sont responsables de treize pour cent des rejets de CO2 dans nos régions et que le dioxyde d'oxygène partage avec d'autres gaz, dont les NOx, une responsabilité du réchauffement de la Terre.
Il existe quatre filières essentielles en matière d'agrocarburants.
1) La première concerne les alcools pour lesquels on prend des betteraves, du blé, du bois, de la canne à sucre, du maïs, de la paille ou encore des pommes de terre. Par la fermentation de leur amidon, leur cellulose ou leur sucre, on obtient un éthanol. Celui-ci pourra être ajouté, dans des proportions variables à l'essence d'origine fossile. Une directive européenne fixe qu'en 2010, la contribution des agrocarburants devra atteindre un peu moins de six pour cent de la consommation énergétique des transports.
2) La deuxième filière, celle des huiles qui peuvent être d'origine animale et dans ce cas, on comptera seize porcs (ou deux bœufs) pour fabriquer environ trois réservoirs de voitures. Toutefois, on parle plus souvent des végétaux comme l'arachide, le colza, la palme, le soja, le tournesol. Deux cent cinquante kilogrammes de maïs permettraient de faire un plein. Deux cas de figure se présentent. D'une part, les huiles végétales brutes (HVB) qui comprennent également les huiles usagées comme celles de friture. Toutefois, une voiture diesel ne peut utiliser ces huiles dans n'importe quelles conditions sans perdre ipso facto la garantie sur le moteur.
3) La troisième filière, celle des esters que l'on repère aussi sous la dénomination d'agrodiesels. On mélange de l'alcool à de l'huile et l'on obtient un méthyle dont on connaît surtout un nom commercial, le Diester. La fabrication industrielle garantit la qualité strictement normée. L'agrodiesel supporte les hautes pressions des rampes communes, ne se fige pas à basse température extérieure et est accepté par les constructeurs automobiles.
4) La quatrième filière concerne le BTL (biomass-to-liquid) qui semble ouvrir de nouvelles portes prometteuses vers le futur. Dans ce cas, on utilise toutes les parties des plantes et pas seulement le fruit dont les feuilles mortes, les copeaux de bois, les déchets de compost, etc. En fait, on tente d'accélérer industriellement le processus naturel qui s'est déroulé pendant des milliers d'années pour produire le pétrole.
Différentes pistes sont ouvertes pour consommer et polluer moins. Les agrocarburants sont une parmi les nombreuses voies d'études et d'analyse. Il reste toutefois possible à chaque automobiliste de faire, à son niveau, de solides économies en coupant ses antibrouillards, sa climatisation ou même son moteur à l'arrêt, en diminuant de quelques kilomètres à l'heure sa vitesse de croisière, en choisissant l'horaire de son trajet pour éviter les congestions de trafic, etc. Une goutte d'eau douce pourtant utile dans les océans de pollutions qui existent ailleurs !
